Maintenant que l’on sait que Free Mobile n’a pas obtenu de blocs de fréquences 4G dans la bande des 800 MHz, on peut se demander si ce résultat n’était pas voulu de la part du nouvel entrant. On peut en effet ici repérer ce qui pourrait être une véritable stratégie commerciale et financière.

Tout d’abord, l’acquisition d’un ou plusieurs de ces blocs aurait été, d’un point de vu financier, très difficile à supporter. Free a cependant déposé un dossier de candidature recevable et qualifié, avec une enchère certes trop basse pour être acceptée, mais qui va lui permettre de bénéficier d’un accord d’itinérance pour les fréquences 800 MHz.

Etant donné que Free Mobile possède d’ores et déjà 2 blocs de fréquences dans la bande des 2,6 GHz et qu’il couvre plus de 25% de la population (en supposant que Free déploie bien un réseau 3G/4G), l’opérateur va pouvoir négocier cet accord avec SFR. Ce dernier possède en effet 2 blocs de fréquences dans la bande des 800 MHz et sera contraint d’accepter l’offre de Free si elle s’avère raisonnable.

Le nouvel opérateur a donc acheté une licence 3G et a ainsi obtenu un accord d’itinérance avec Orange pour pouvoir lancer ses offres commerciales. Free a ensuite acheté un lot de licence 4G ce qui lui permet d’obtenir un accord d’itinérance avec SFR.

Enfin, Free ne semble pas être déçu de la décision de l’ARCEP. Maxime Lombardini, directeur général du groupe Iliad, affirme d’ailleurs : « On avait dit qu’on serait raisonnable, et on avait également indiqué qu’on trouvait l’offre très défavorable pour un nouvel entrant comme nous. C’est l’argent qui a éliminé la concurrence. On n’a pas de regrets. Si on avait pensé que c’était vital pour nous, on aurait été plus agressifs, et aujourd’hui on considère qu’on a tout ce qu’il nous faut. »

Amandine Torralvo pour FreeMobileMag.com